La quête d’une vie

Trouver une femme, la quête d’une vie

De petites annonces en petites annonces, Jacques n’a pas trouvé l’âme sœur. Il puise dans cette quête un peu de rêve et de distractions.

Célibataire depuis toujours, Jacques vit seul dans la ferme familiale depuis le décès de ses parents. Une casquette vissée sur la tête, les yeux fatigués à force d’avoir parcouru les rubriques rencontres des journaux de la région qu’il connaît presque par cœur. « J’y suis abonné pour ça et pour le reste ».

Aux réponses écrites, Jacques préfère le téléphone. Il s’est acheté un portable qui lui permet de recevoir les textos. « Ça coûte des sous, mais rester seul, cloîtré chez soi, ce n’est pas mieux. »

Jacques n’est pas de ce genre-là. « Ça m’est arrivé une fois suite à des problèmes de santé. Je suis resté 18 mois sans sortir, j’ai cru perdre la tête. » Au contraire, il aime la danse, les bals folkloriques et se rend régulièrement festoyer en Aveyron, seul ou en bande, avec d’autres célibataires hommes ou femmes. « Il y a plus de monde en Aveyron et ils savent s’amuser. » À certains endroits, en marge des festivités, on trouve des points rencontres que Jacques fréquente régulièrement et plébiscite. « On devrait faire la même chose en Lozère. »

Puis Jacques baisse  le regard. « Pour ce qui est d’inviter les femmes à danser, ou même à boire un verre, pas de problème. Parler de moi, c’est autre chose. »

Plus on attend, plus c’est difficile

Même au sein de sa famille, Jacques n’aborde jamais cet état de célibat, « si ce n’est pour chahuter ». Et pourtant, la question le tourmente. « Habiter toute sa vie avec ses parents, c’est sûrement un handicap. Il y a un moment où j’ai eu le choix, construire une maison ou un bâtiment agricole. » Jacques a choisi le bâtiment. « Plus on attend, plus c’est difficile.  Je cherche une femme entre 48 et 58 ans, simple, discrète, avec un boulot à l’extérieur. On partagerait le quotidien, les week-ends. Mais je voudrais tomber sur quelqu’un d’honnête. Dans le milieu des petites annonces, on trouve de tout. Des professionnelles, des femmes qui ne cherchent qu’à profiter. »

Tentant le tout pour le tout, Jacques s’est inscrit auprès d’une agence matrimoniale toujours en Aveyron. « Celle-ci demande un prix correct, 450 euros pour six mois. Dans certains cas, cela peut monter jusqu’à 1500 euros par an. Toutes les agences ne sont pas forcément sérieuses. Certaines proposent des adresses au niveau régional, d’autres sur la France entière ou même à l’étranger. »

Cette fois-ci, l’agence s’est engagée à lui proposer une adresse par mois. Depuis juin, celle-ci a tenu sa promesse mais Jacques n’a pas trouvé chaussure à son pied. « Il a des femmes qui vous appellent tous les jours au téléphone et qui se dérobent le jour du rendez-vous, d’autres qui vous tiennent tête et vous envoient balader sans jamais vous avoir rencontré. Certaines ne veulent pas entendre parler d’un paysan. »

Alors que chercher une femme semble être la quête de sa vie, Jacques, fort de quatre heures  de formation à internet, s’est également mis en tête de trouver son bonheur sur le web. « C’est bien quand on s’y connaît, mais moi, je ne savais pas. Je me suis connecté des heures sur un site payant. La note a été salée et j’ai abandonné. »

De petites annonces en petites annonces, si Jacques n’a pas déniché l’âme sœur, il y trouve un peu de rêve et de distractions. Il s’est fait quelques amies qu’il n’a jamais rencontrées, à qui il téléphone de temps en temps.