Boulangerie du Pompidou

Une nouvelle boulangerie pour le Pompidou

D’après parution dans Midi Libre, 13 février 2012

 

Le Pompidou, village de deux cents âmes sur la corniche des Cévennes inaugurait sa nouvelle épicerie boulangerie tenue par Claire et Thierry Thuret, venus de la région de Perpignan. Ce commerce relance une activité de boulangerie artisanale disparue depuis une dizaine d’années sur la commune et qui devrait démarrer dans les prochains jours.

 

Un projet mené par les collectivités

Alors que les locaux du commerce auraient été trop étroits, l’assistance avait été conviée à la salle polyvalente. De nombreux élus avaient fait le déplacement car « ce dossier, sur lequel on travaille depuis 2009, est exemplaire pour le département », expliquait Françoise Saint-Pierre, maire du Pompidou. « Quand l’ancien propriétaire a décidé de vendre l’épicerie, il s’est tourné vers la collectivité pour faire perdurer l’activité. Le conseil municipal a répondu favorablement. C’était la première fois en Lozère qu’une collectivité décidait de reprendre un commerce de proximité. Parce que la mairie n’avait pas la compétence, la communauté de communes a assuré la maîtrise d’œuvres, achetant le commerce, assurant sa rénovation, celle d’un laboratoire de boulangerie qui rendra de grands services à la population et qui permet également de viabiliser le projet ainsi qu’un petit logement. »

Au bout de quatre ans de démarches, Claire, 32 ans, et Thierry Thuret, 43 ans qui ont une expérience de la vente en grande distribution avec un CAP de boulanger pour Thierry, sont les heureux gérants de ce nouveau commerce.

Boulangerie, épicerie et restauration rapide

Même si ce n’est pas facile de s’installer en février en Lozère, un département que Thierry connaît bien puisque sa mère habite à Mende, le jeune couple arbore un large sourire. « On va se plaire ici, c’est sûr. Nous avons été chaleureusement accueillis. Ce n’est que du bonheur », commente Claire. C’est elle qui s’occupera de la partie épicerie devant ouvrir ce lundi 13 février tandis que Thierry officiera à la boulangerie.

« Comptant sur une clientèle locale et sur les gens de passage aux beaux jours, nous voulons développer une large gamme de salée, faisant office de restauration rapide. » À l’écoute des suggestions de chacun, Thierry et Claire vont déposer une boîte à idées dans le magasin, reprendre la vente de gaz, celle des journaux locaux, peut-être les tournées. Viendront aussi un rayon de produits locaux, ouverts aux producteurs des environs, un rayon fruits et légumes.

Alors qu’une mezzanine est restée vacante, Claire réfléchit à différents projets. « Ce sera en tout cas un espace convivial qui permettra aux habitants de se retrouver. »

 

EN SAVOIR PLUS

L’État, premier financeur du projet

Sur un budget de 445 000 €, le projet a bénéficié de 233 326 € de l’État, de 31 462 € de la Région, 25 622 € du Département soit 71 % de subventions pour la partie commerce et laboratoire. La commune a également accordé 43 000 € à la communauté de communes, « pour que le loyer du commerce, 290 euros par mois, reste raisonnable » précise Françoise Saint-Pierre. « Et les employés communaux ont été mis à disposition pour repeindre l’ensemble des locaux. »

Une enseigne indépendante

Quant au jeune couple, il a été recruté parmi trois à quatre candidatures par l’intermédiaire du dispositif Relance qui s’occupe de la transmission d’entreprises en lien avec la chambre des métiers. « Nous voulions nous installer dans un village et avions préparé ce projet depuis longtemps, financièrement notamment », commentent Claire et Thierry Thuret. Bénéficiant d’une aide de 50 % de la communauté de communes pour l’équipement en matériel, le couple a financé la moitié restante, un peu plus de 30 000 € et le stock d’épicerie, 800 références à ce jour. Thierry, qui a voulu rester indépendant, a choisi de s’approvisionner auprès d’une entreprise mendoise. « Cela permet de diversifier plus facilement les produits, notamment en matière de produits locaux. »